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Le rappeur s’est entouré de plumes qui, comme lui, ont déchiré les masques pour mieux approcher
la réalité : Dino et C-Sen, du collectif Beat Street, trentenaires comme lui, ancrés comme lui
dans le XVIIIème arrondissement, mais aussi l’ultra-politique Casey (Anfalsh) ou Kacem Wapalek,
esprit prometteur d’une nouvelle génération de plumes goudronnées. Et puis la famille, Mokless et
Koma, les amis de 20 ans.
Musicalement, « Le survivant » conserve l’accent mélodique qui a fait la réputation du
XVIIIème arrondissement : beats hargneux et symphonies amères. Mis en sons par le lyonnais
Oster Lawpass, JR, Mayday (75018 Beatstreet) ou Casaone, ce boom-bap aux saveurs d’éther
demeure profondément ancré dans l’ambiance new yorkaise chère au rappeur, même s’il
n’hésite jamais à s’éloigner de ses classiques en laissant rugir des guitares électriques sur
« Te prends pas l’chou » ou à cultiver une ambiance rock sur « Les choses comme elles viennent ».
DJ historique de la Scred, Simsima complète ce line-up haut de gamme en tailladant le mix de
scratches précis.
Introspectif, armé d’un recul que peu possèdent, Morad livre en 15 titres un autoportrait plein
d’épaisseur, un verbe haut qui respire le vécu et l’expérience. « Le survivant » est le disque d’un
trentenaire qui se raconte sans fard, d’un kickeur nerveux qui évolue une fois encore à l’écart des
modes, préférant le réalisme brut d’une existence pleine de relief aux discours factices qui ravagent
les ondes. Jamais dans la tendance, mais toujours dans la bonne direction.
© Thomas Blondeau
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